Soirées enquêtes
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Présentation générale
La Soirée Enquête est un divertissement qui consiste à vivre, le temps d'une soirée et avec un certain réalisme, une aventure souvent policière avec sa part d'énigme, de frisson et d'action.
Le scénario, écrit à l'avance, est joué par tous les participants qui en incarnent chacun un personnage. Bien entendu, les joueurs ne connaissent pas l'histoire qu'ils vont vivre. Plus exactement, ils ne savent que ce qui concerne directement leur personnage : le contexte de sa présence, son degré d'implication dans l'intrigue et les actions spéciales qu'il est capable d'entreprendre pendant la soirée.
Pour assurer le bon déroulement de la partie et du scénario, certains personnages peuvent êtres joués par les organisateurs. Ils sont les seuls à connaître toute l'histoire et ce sont eux qui organisent les incidents de la soirée en impliquant éventuellement certains joueurs.
Quelques jours avant la partie, les participants reçoivent la fiche du personnage que chacun devra incarner pendant la soirée. Elle contient toutes les informations le concernant : état civil, passé, contexte, relations avec les autres personnages, tenue vestimentaire, actions spéciales dont il est capable… Pendant la partie, les joueurs doivent respecter leur personnage et surtout pas le "quitter".
Si, au premier abord, le but du jeu est de trouver le ou les assassins, ainsi que de comprendre les souvent nombreuses intrigues secondaires, il est surtout de vivre une aventure hors du commun et interactive.
- Les uns peuvent tirer profit de leur personnage, exploiter les rencontres ou se laisser tout simplement emmener dans l'histoire.
- Les autres peuvent s'investir dans l'enquête, dont toutes les pièces du puzzle sont données pendant la soirée, sans nuire cependant à leur personnage ou au bon déroulement du scénario.
Le décor étant posé et l'histoire lancée, la réussite de la partie tient aussi à la capacité et à la motivation des participants à jouer le jeu. Sans se prendre au sérieux, chaque participant doit se prendre au jeu, tenir son personnage et soigner l'ambiance pour son plaisir et celui des autres. En ce sens, aucune performance de comédien n'est requise. Les personnages sont volontairement stéréotypés et le cadre est par exemple dans le style des romans d'Agatha Christie, ce qui constitue un repère commun dont tout le monde comprend les implications.
Cette forme de "réalité augmentée" est à consommer avec une bonne dose d’humour et une grande envie de s'amuser autrement, de croire en l'incroyable et de jouer à être un autre, ailleurs. C'est comme un film dont vous seriez le héros, jouée par et pour des comédiens qui découvrent une histoire mêlant énigme, suspens, frisson et spectacle.
La soirée se conclut en général par un débriefing, l'organisateur donnant la parole à chaque joueur à tour de rôle, en commençant par les enquêteurs pour qu'ils fassent part de leurs soupçons façon Poirot, pour finir par les coupables qui expliqueront leur rôle dans l'histoire.
PS : pour les puristes, une Murder Party est semblable à une soirée Enquête, mais les personnages en sont plus spectateurs ou enquêteurs à titre personnel qu'acteurs d'un personnage, ce qui permet de faire participer plus de monde.
Comment jouer ?
Cette question revient souvent, et mérite qu’on s’y attarde quelques instants. En effet, une soirée enquête ne se joue pas comme un jeu de société traditionnel, autour d’une table : une soirée enquête ou murder party est une sorte de Cluedo™ géant, en grandeur réelle : chaque joueur va donc incarner, un peu comme un acteur, un personnage.
Les joueurs vont donc parler pour leur personnage, agir pour lui, bref, être lui. Cela impose de parler en utilisant le “Je”, et surtout pas “mon personnage te dit que…”. En fait, pour la durée de la soirée, les vraies personnalités des joueurs vont disparaître, des bon amis dans la réalité vont devenir parfois des ennemis en jeu, de la même façon que cela arrive dans tout jeu.
Ceci compris, le reste devient limpide : les joueurs ne sont pas assis autour d’une table, mais bougent, se déplacent, discutent (parfois en cachette, lorsqu’il s’agit de tractations cachées entre deux personnages), font tout comme le ferait leur personnage s’il était vivant.
Les indices
Dans les murder parties (2ème et 3ème génération), les indices à trouver, les fouilles et les autres actions à mener pour faire avancer l’enquête (comme par exemple espionner un autre joueur, lui soutirer des informations ou lui faire les poches), tout est réel : il faut donc être très attentif à tout.
Dans les soirées enquête (1° génération), un système de points remplace la fouille des pièces de jeu et parfois certains indices peuvent être obtenus par ce biais.
Le meurtre
Les scénarios de 1ère génération, et certains autres, n’incluent pas de meurtre au cours de la soirée : la mort a eu lieu “ avant ” la soirée, et il ne sera pas question alors de tuer encore.
Certains scénarios (pas tous) comprennent un ou plusieurs meurtres en cours de jeu. Comment cela se passe-t-il ? Et bien, c’est très simple. Il faut que l’assassin dise à sa victime “ tu es mort, je viens de te tuer ”. Si des témoins sont à proximité, ils ne sont pas tenus au silence : n’oublions pas qu’ils sont des personnages, ayant aussi des buts et des choses à cacher. La victime n’a pas le droit de s’opposer à son meurtre : tout comme dans la réalité, si on vous tire dessus, vous ne pouvez pas refuser ! Le ou les organisateurs devront être informés de ce meurtre en priorité. Afin d’éviter d’aller courir chercher un organisateur après le meurtre (au risque de paraître louche et d’attirer les soupçons), le futur assassin préviendra si possible avant de tuer. Il est généralement admis que les organisateurs “couvrent” l’assassin pendant un certain temps (15 minutes à 1h, selon le jeu) après le meurtre. Toutefois, tout se passe encore comme dans la réalité, et si un joueur vous a vu, il peut vous dénoncer !
Dans certaines soirées, les deux peuvent être mixés afin de créer une atmosphère de suspicion et de paranoïa.
Expression
La plupart du temps, votre fiche de personnage vous donnera des conseils d’habillement, de comportement, et parfois des phrases à citer. Il ne s’agit jamais que d’exemples, mais il est conseiller de s’y tenir afin de mieux comprendre son personnage et de mieux le jouer. Parfois, il suffit qu’un joueur ait mal compris son personnage pour que toute la soirée s’enraye. Lors de la partie, il faudra donc éviter à tout prix les discussions hors-jeu, et on préfèrera dire “ Monsieur le Baron, puis-je vous parler un instant ? ” au lieu de “ Thomas, faut que j’ te cause ? ”. Il vaut mieux en faire trop que pas assez.
Trac et complexes
Comment ça, vous n’avez pas le trac ? Menteur ! Tout le monde, comme vous, hésitera à dire “ je “ , et les premières phrases un peu “ mondaines ” feront sourire. Ne vous en gênez pas, tous les joueurs sont comme vous, et en vous forçant vous aidez les autres à entrer dans le jeu.
Jouer son personnage
Une murder party est avant tout l'occasion d'échapper pour quelques heures à son train train quotidien en se glissant dans la peau d'un noble des années 20, un inventeur fou du futur, un reporter en quête de gloire… Des rôles qui ne peuvent être endossé en une seule vie par une même personne pour la simple raison qu'ils ne sont pas tiré du même univers.
Chaque personnage peut ainsi être défini par ses aspirations personnelles, ses goûts, ses angoisses, son caractère et sa manière de se comporter avec les autres. Il est évident qu'un tueur professionnel ne réagira pas de la même manière en assistant à un meurtre qu'une jeune dilettante huppée.
Et pourtant… Et pourtant, il est humain de se laisser porter par ses propres sentiments et buts lorsque l'on interprète quelqu'un d'autre. Un personnage qui n'est pas vous réellement, mais qui reste votre propre interprétation. Le personnage n'a pas de vie propre. Il ne parle, agit que par votre présence. Il est donc fréquent de voir certains personnages changer profondément de comportement en cours de jeu, même si cela va à l'encontre de leurs convictions les plus profondes.
Jouer le jeu
On distingue deux facettes dans une murder party : les joueurs et les organisateurs. Mais souvenez-vous, il n'y a pas deux camps qui s'affrontent, d'un côté les joueurs 'victime' d'un scénario, et d'autre part des organisateurs tirant les ficelles d'un Deus Machina…
Pour éviter de tomber dans ces travers, qui fort heureusement font figure d'exception, apprenez à respecter les éléments de jeu mis à votre disposition, que soit votre personnage, ses pouvoirs et talents, le matériel, ou les indices.
Rappelez vous que nous jouons tous à un jeu pour nous amuser. Cela est valable pour tout le monde.
Bonne partie, jouez bien, vous verrez que ça en vaut le coup !
Comment mener son enquête ?
A l'issue des soirées, des joueurs me font régulièrement part de leur frustration, que ce soit car leurs conclusions concernant le mobile du crime ou l'assassin s'avèrent fausses, soit qu'ils n'ont pas vu des intrigues secondaires, ce qui leur donne l'impression d'être passés "à côté", d'avoir "raté" la soirée.
Que ces intrigues soient souvent complexe est bien entendu voulu, mais n'oublions pas que cette recherche n'est que le moyen de passer une bonne soirée, pas son but ultime.
Ceci-dit, pour arriver à cet objectif, vous pouvez essayer de suivre ces quelques règles simples.
Faites confiance à tout le monde.
La recherche de l'identité de l'assassin est la tâche qui occupera une majorité des joueurs. Sauf miracle, vous n'avez aucune chance de découvrir tout seul qui est le meurtrier, aussi vous allez devoir échanger des informations et surtout essayer de savoir ce que les autres savent. Comme vous n'avez aucun moyen de savoir si ce qu'ils vous disent est vrai, il va falloir faire confiance. Il peut être utile de vous allier avec un ou deux joueurs pour avancer.
Ne faites confiance à personne.
On ne le répètera jamais assez : tout le monde est suspect. Ne l'oubliez pas. Ce qu'on vous dira peut être faux, peut être une version élaguée de la vérité. On peut même vouloir vous faire passer pour l'assassin en vous extorquant des informations compromettantes. N'hésitez pas alors à trahir vos alliances, discrètement bien sûr.
Mentez.
Le fait de rechercher de informations ou des preuves ne vous force pas à tout avouer au premier venu. Soyez sûr de vous, mentez avec conviction, de façon cohérente et en ajoutant du vrai dedans, afin de tout mélanger et que votre interlocuteur ne soit plus capable de discerner le vrai du faux. Cela peut vous aider à cacher quelque chose en le disant, en vous efforçant alors pour que l'autre se rende compte que vous mentez et fasse l'amalgame…
Ne mentez pas.
Si vous mentez trop ou mal, on va très vite s'en rendre compte et vous perdrez toute crédibilité; par effet consécutif, vous aurez bien du mal à obtenir d'autres informations.
Ne procédez pas par élimination.
Si vous utilisez la méthode qui consiste à éliminer un à un les suspects, vous vous tromperez à coup sûr : l'organisateur, le scénariste et le tueur ont tout prévu pour ça. Les alibis fournis par des tiers peuvent être faux (complicité ou chantage par exemple), mais vous-même pouvez être victime d'une supercherie, par exemple si le meurtre n'a pas eu lieu au moment indiqué, mais avant : le tueur pourrait alors venir vers vous au moment présumé de l'assassinat, et se forger ainsi un excellent alibi…
C'est toujours le paraplégique qui a fait le coup.
Cette phrase célèbre, tirée d'une des aventures de Gidéon Fell (J.-D. Carr), s'applique malheureusement trop souvent. Bien entendu, elle signifie surtout que le coupable désigné par les indices n'est pas le bon, et qu'il faut chercher qui a placé des pseudo preuves pour trouver le coupable. Bien sûr, ceci n'est pas une règle absolue.
Plus c'est évident et moins on trouve.
Corollaire du précédent, il est bon parfois de prendre un moment de recul, seul, et de faire le point. Trop souvent on néglige cette possibilité, qui pourtant est très utile pour avancer.
Avec cela, vous devriez trouver facilement l'assassin. Reste maintenant à savoir ce que vous allez faire de cette information…
